les h aspirés

J’aimerais dédier l’heure disparue cette nuit à tous les « h » français, muets ou aspirés, qui, eux non plus, n’ont rien fait pour mériter le sort qui leur est réservé.

Lorsqu’un plat mijote

Lorsqu’un plat mijote sur le feu, le temps ne s’écoule pas du tout de la même manière que lorsqu’il ne mijote pas. Il ralentit et s’épaissit au fur et à mesure que les parties gélatineuses se dissolvent, que les heures aux textures douteuses se ramollissent et fondent. Une sublimation qu’il faut accompagner avec un geste de spatule on ne peut plus tranquille, aussi léger que possible, comme si l’ustensile gravitait autour d’un trou noir tout petit, mais terriblement puissant.

l’économie globale

Contre toute attente, alors que le jour se retire tranquillement derrière les silhouettes des toits à l’ouest, je lance une machine à laver puis je pense à l’économie globale. Non pas simplement *à l’argent*, comme la plupart du temps, non — j’ai très clairement les deux mots, « l’économie » et « globale », distinctement prononcés par ma propre voix dans ma propre tête. C’est comme si je voulais en penser quelque chose, mais, bien entendu, tout est seulement « comme si ». Car que pourrais-je bien penser, n’est-ce pas, de « l’économie globale » ? Je connais ce type de machinations, j’en ai vu d’autres. Souvent, j’entends des mots sans m’en apercevoir puis j’ai comme des avis. Il ne faut pas céder à la panique, ça finit par s’en aller au bout de quelques minutes. Là, par exemple, il ne reste plus que « globale ». Et là, — écoutez : plus que « lobâ », avec un « â » qui ressemble à une expiration, un soupir somme toute assez ordinaire, et finalement apaisant.